Communiqué de presse de Jean-Louis CHAUZY

Président du Conseil Economique Social et Environnemental Régional Occitanie


Toulouse, le 01 décembre 2017

 

 

Lettre ouverte au Premier Ministre - le droit à la sécurité pour le monde rural

 

Monsieur le Premier Ministre,

Depuis plusieurs années les zones rurales du Sud de la France, dont celles de la région Occitanie    (72 724km2), sont perturbées par le retour des prédateurs que sont le loup, et pour le massif des Pyrénées, les ours, transplantés depuis l’Europe centrale où ils vivent dans des montagnes sans habitants ni économie.

Or, les prédateurs ont été chassés par les hommes au cours des siècles pour des raisons de survie pour les habitants des villages et la protection des troupeaux.
Nos grands-pères, et plus encore arrières grands-pères, le racontaient à leurs enfants et petits-enfants.
 
Malgré cela, nous laissons aujourd’hui se développer l’insécurité dans nos montagnes et nos plateaux qui sont des espaces de vie, de protection de la flore, de la faune, des écosystèmes, de l’élevage et de l’agropastoralisme pour des produits de qualité avec les labels attribués.

Les dégâts dans les troupeaux, les pertes d’animaux par milliers, les coûts générés par des moyens de lutte dérisoires sont difficiles à comprendre.
Demander à des hommes et à des femmes qui travaillent 55 à 60 heures par semaine, parfois plus, de veiller la nuit dans des conditions difficiles pour surveiller leurs troupeaux, est incompréhensible à l’aune du progrès social.

Ceux qui entretiennent les espaces, préservent les écosystèmes, assurent des productions de qualité avec des labels (viande, fromage…), doivent  être reconnus dans l’action qu’ils mènent dans l’intérêt de la population, et à ce titre, être soutenus.

Ce ne sont pas les prédateurs qu’il faut réintroduire dans les zones de montagne, mais les bergers qui avec leur famille ont le droit de vivre dignement et avec respect.
Nous avons longuement discuté de ces problèmes avec toutes les organisations syndicales agricoles qui ont sur le sujet la même position.

Désormais, il faut choisir : préserver les hommes et la faune, les bergers  et l’économie qui va avec, ou préserver les prédateurs. Nous avons choisi, ce sont les bergers.

Il est donc urgent que l’Etat, par ses pouvoirs régaliens, assure la sécurité des personnes vivant dans les zones rurales difficiles, et de leurs biens, et éradique les prédateurs, qui en Europe ne sont pas un danger lorsqu’ils occupent des espaces non habités.
Au moment où notre assemblée avec les acteurs économiques travaillent avec la Région et l’Etat pour faciliter l’installation de jeunes agriculteurs afin de préserver l’avenir, et participer à l’autonomie alimentaire de notre région et de notre pays, l’Etat doit assurer le retrait des prédateurs des territoires où les populations et les troupeaux sont en danger.

Monsieur le Premier Ministre, nous demandons votre arbitrage et sollicitons un rendez-vous à l’occasion de votre venue dans le Lot à Cahors où vous présiderez la Conférence nationale des territoires.

Dans cette attente, nous vous présentons, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de nos sentiments distingués.